London Calling

Faire découvrir Big Ben à mon fils. Flâner à Camden. Le regarder nourrir les oies à Hyde ou Regent’s Park et essayer de reproduire la photo de moi, à 5 ou 6 ans. Jouer au touriste dans le Tower Bridge et devant Buckingham. Prendre un 5 o’clock. Parler anglais. Entendre parler anglais. Me sentir bien. Faire peur aux pigeons de Picadilly. Traîner dans Soho. Boire une Guiness. Tout ça et un peu plus, c’est pour ce week-end.

Prendre le temps

Qu’est-ce que j’ai du mal avec ça. Au moment d’écrire ces pages, je porte un pull qui dit: “Never catch your breath” (ne reprends jamais ton souffle). Je me force, ces derniers mois, à prendre le temps. Mais je vis dans l’urgence. Je ressens le besoin impérieux de: m’exprimer, me réaliser, changer le monde, découvrir le monde, explorer, faire… Prendre le temps me semble une perte de temps. Paradoxe: quand je prends le temps je fais des bonds de mille lieues. La clarté frappe mon esprit sur ce que je dois faire, pour devenir qui je veux être, réaliser ce que je veux réaliser. Difficile de trouver le juste équilibre entre cette urgence souvent physique, qui menace de me faire exploser de l’intérieur tant elle me...

Mon avenir

J’arrête. J’arrête d’enseigner. Je vais au bout des engagements que j’ai pris mais ce seront les derniers. J’ai compris, j’ai ressenti, j’ai vu que je m’étais fait un petit nid confortable mais étriqué. J’ai besoin d’un bord de falaise duquel je puisse prendre mon essor. J’ai besoin d’écrire et du vertige de ne pas savoir où comment quand cela va marcher. Enseigner, la manière dont je le fais, c’est trop prenant. Trop d’énergie. Trop de responsabilité. J’aime ça. Mais pas autant que d’écrire. Alors je n’arrête pas complètement. Je continuerai d’organiser des petits stages de temps en temps et de blogger et de publier de temps en temps des vidéos et de...

Ecrire, enfin

Après dix-huit mois sans rien de convaincant, j’ai écrit le premier jet d’un nouveau roman. Cinquante mille mots, c’est la limite que je m’étais impartie. Je pensais l’atteindre en six mois. Je l’ai fait en trois. Comment ? Simplement en ne réfléchissant jamais à l’arrivée mais en me concentrant sur chaque journée d’écriture, sans pression, sans autre souhait que d’écrire ce jour-là, sans souci de performance. Si j’ai pu le faire, c’est parce que ce livre était important pour moi. Il prenait racine dans l’émotion de ce que je vivais à ce moment-là, il était pour moi un moyen de digérer une période de transformation profonde, et un moyen de partager mon expérience. Ecrire, c’est...

Priorités

Tout, dans la vie, n’est qu’une question de priorités. Quoi faire passer en premier entre mon métier, mes histoires de coeur, mes désirs de corps, mes caprices de consommateurs, mon envie de spiritualité et mon besoin d’écrire ? J’ai droit au bonheur et j’ai l’intuition que le bonheur repose en grande partie sur ma capacité à la réponse que j’apporterai à cette question: qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Dans mes rencontres, je suis tombé sur cet hypnothérapeute, praticien de la PNL, graphologue, qui a mis au point un simple système de questions/réponses pour faire émerger les systèmes de valeurs des personnes qui l’interrogent. Un système de valeurs, c’est simplement l’ensemble des...

La vie, le travail et l’écriture

La vie, le travail et l’écriture

La vie a parfois cette manière de vous submerger qui bloque tout le reste. Je l’ai vu plusieurs fois et en ai moi-même fait l’expérience (je suis dedans au moment où j’écris ce billet). La vie qui chamboule tout c’est un appel à la pleine conscience, au fait d’être présent dans l’instant et nulle part ailleurs, de rester dans ce qui nous arrive et de cesser toute projection, dans le passé ou le présent. Un deuil, une rencontre, une séparation, peuvent provoquer cette sensation d’être submergé. “C’est compliqué” sont les seuls mots que votre esprit semble capable d’articuler. Lorsque tout est bouleversé: les fondations de votre monde, votre système de valeurs, vos certitudes. Lorsque tout...

Le rôle de l’auteur

Quel est le rôle d’un auteur sinon d’ouvrir une fenêtre sur l’expérience humaine? Livrer des émotions brutes, trouver les exemples concrets qui permettront aux lecteurs de ressentir les concepts de l’existence. L’auteur est phénoménologue et existentialiste. Son rôle n’est pas politique, n’en déplaise à Sartre mais ontologique. L’auteur est celui qui donne à ressentir, à comprendre, à grandir. Il prend le vivant, l’assimile et le régurgite en mots porteurs de sens et de vie. Il émeut, il bouleverse, il motive. L’auteur est un moteur, ce qu’il crée, ce n’est pas une histoire ou une idée mais une action. Il meut, émeut, ébranle son lecteur et change ses représentations, même si ce n’est...